J’ai pas toujours kiffé la fête des mères

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Cette année, c’était ma deuxième fête des mères et pourtant j’ai eu l’impression que c’était la première. Deux fêtes des mères au compteur et deux journées aux ressentis tout autant opposés que nouveaux.

Cette année je n’ai pas fêté « la » fête des mères, j’ai vécu MA fête des mères. J’ai réalisé, j’ai profité et je me suis donné ma propre reconnaissance. Je n’ai attendu de signe de reconnaissance de personne et surtout, à la différence de l’année précédente, je me suis sentie légitime de fêter MA fête des mères.

Je n’ai pas eu le sentiment de fêter la fête d’une nouvelle mère ou d’une nouvelle femme. Je n’ai pas eu le sentiment de renaissance mais celui d’existence. Je me suis sentie une mère et une femme vivante. Je me suis sentie moi.

C’est en donnant le sein à mon fils niché l’un contre l’autre après cette belle journée en famille que j’ai apprécié ma reconnaissance. Au-delà du fait que je suis chaque jour reconnaissante du bonheur et de l’équilibre que m’apportent la maternité et le maternage, ici c’était MA reconnaissance.

Mais qu’est-ce qui a changé ?

Si on se fie aux apparences pas grand-chose. J’ai toujours la chance d’être entourée de ma famille, épaulée par mon conjoint aimant et soutenant, maman d’un amour de bébé, femme active aux multiples projets… Je n’ai toujours pas de nuits complètes, j’allaite depuis 15 mois, je ne peux toujours pas manger de produits contenant du lait de vache, je travaille de chez moi, du moins j’essaie. Physiquement, je n’ai pas changé. J’avais déjà bien récupéré de ma grossesse, un peu plus de cernes tout de même. J’aime toujours autant, et très certainement plus encore, materner, allaiter, cododoter, porter et transmettre et échanger autour du maternage et de la parentalité.

Et pour autant, rien n’est comparable à l’an dernier. Je me souviens de cette première fête des mères. Je n’ose pas la qualifier comme étant mienne car elle ne m’appartenait pas. Elle était la proie de tempêtes émotionnelles intérieures, d’angoisses et de doutes. Je me sentais vraiment mal.

Sois heureuse et tais-toi

Moi, une jeune maman qui « se devait » d’être heureuse. Comme si la maternité vous apporte uniquement son joli paquet de joie et de bonheur pailleté qui vous explose à la tronche. Sois heureuse et tais-toi, de quoi tu te plains ?

Non clairement je ne l’étais pas. Je ne me retrouvais pas, j’étais épuisée mentalement, physiquement. Je n’arrivais pas à m’approprier ce nouveau corps post grossesse et accouchement. J’avais l’impression d’être locataire d’un corps dont j’avais hérité sans y être préparée.

Et puis il y a cette pression sociale et cette journée m’a rappelé combien je « devais être une mère parfaite ». Ces yeux rivés sur tes premières pensées, tes premiers faits et gestes de jeune parent, tes premières chutes ; « alors, comment ils vont s’en sortir ces deux-là ? ». Tout ce que j’apprenais, tout ce que je découvrais et tout ce que je voulais mettre en place pour notre enfant sortant de « l’éducation traditionnelle » me paraissait être une utopie à laquelle je n’étais pas capable de prétendre. Je me suis sentie saturée par un flot d’informations pas toujours soutenantes. Ce genre de recommandation que « tout le monde fait comme ça » et que si vous n’en faites pas de même, vous serez une mauvaise mère.

L’émancipation maternelle

Voyant que nous n’appliquions pas les « recommandations », on nous a lâché la grappe 😊. Et je me suis émancipée en tant que mère.

Je pense qu’il est difficile de penser que nous devenons mère dès l’instant où nous mettons au monde notre premier enfant. La maman que je suis est née le même jour que mon fils. Tout comme il l’a fallu pour mon bébé, j’ai eu besoin de cette « deuxième grossesse ». Ces fameux « 9 mois dehors » pour éclore et me sentir sereine dans mon rôle de maman. Nous ne naissons pas mère, nous le devenons. Avec toute notre histoire passée, notre environnement et les projets futurs que le rôle de maman, et de parents en général, vient bouleverser.

Je ne pourrais dire exactement par quel chemin je suis passée mais ce qui est certain c’est que je suis d’abord passée par une phase d’indulgence et d’acceptation. L’indulgence envers moi-même, ainsi qu’envers les autres, a nourri chez moi empathie, patience et écoute bienveillante. Ce qui m’est chaque jour indispensable dans mon rôle de maman mais qui a enrichi de manière positive ma personnalité. J’ai accepté de vivre au jour le jour, au rythme de mon enfant et cela m’apporte beaucoup de calme, nécessaire à mon épanouissement personnel mais aussi professionnel. Moi qui ai toujours eu un instinct fort développé, celui-ci s’épanouit davantage entouré de calme et de positivité.

J’ai retrouvé le goût de mes passions et de mon travail, mes projets sont animés d’espoirs qui sont miens et non ceux d’autrui.

Cette journée était si douce et je me sens apaisée.

 

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Comment j’en suis arrivée là ?

 

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Il y a un an, un vendredi matin à 10h57, je me suis retrouvée propulsée dans mon rôle de maman et clairement j’y étais pas du tout préparée ! J’ai littéralement été submergée par une puissante vague d’amour dès que j’ai attrapé mon bébé pour le nicher au creux de moi. Mais cette vague de bonheur n’est pas venue seule. Elle était accompagnée de sa pire amie pas du tout friendly, qui s’est invitée sans scrupule à notre magnifique rencontre, la déferlante des angoisses et des doutes.

La mise au point

Si être parents isolés n’est pas toujours facile, et relève parfois d’un véritable challenge, nous apprenons chaque jour à gérer les couacs et accueillir les réussites. Quoi qu’il en soit, nous essayons au maximum de nous placer à hauteur de notre enfant, à voir avec ses yeux.

On fait croire aux jeunes parents que laisser pleurer un enfant est normal ; non ça ne l’est pas et c’est un choix. On nous fait croire que si nous ne lui imposons pas de suite notre rythme de vie il va nous bouffer et après, c’est foutu. La « normalité » de notre entourage, qu’il soit plus ou moins proche (personnel ou médical) aurait voulu que nous rentrions dans le moule : « Ne dormez pas avec lui ! », « Laisse-le un peu par terre ! », « Ne va pas le voir au moindre bruit, il a besoin d’autonomie ! ». Bref. Un tas de « conseils » que nous avons très vite identifié comme n’étant PAS DU TOUT en accord avec notre façon de penser. Nous avons vite compris que nous étions les mieux placés pour répondre et satisfaire aux besoins de notre enfant.

Les semaines et les mois ont passé. Nous nous sommes renseignés et instruits. Nos connaissances sur le sujet se sont renforcées, nos doutes envolés et notre curiosité s’est passionnée. Nous avons trouvé le courage, et surtout la fierté, de défendre avec douces convictions et bienveillance ce qui est une évidence pour nous.

La passion du maternage

« Dès la petite enfance, les enfants ont besoin d’être guidés avec amour, ce qui implique la compréhension de leurs capacités et de leur sensibilité propre. »

La Leche League France

L’allaitement et le portage m’ont permis de tisser un lien très fort avec mon bébé. Ce lien d’amour, de compréhension, d’empathie et de bienveillance est a l’origine de ma passion pour le maternage et plus intimement avec le portage. Elle ne fait que grandir chaque jour. Allaiter et porter mon bébé m’a permis de comprendre et de répondre à ses désirs et besoins le plus naturellement possible. M’occuper de mon enfant, communiquer avec lui et l’encourager à ce qu’il communique aussi, m’a permis d’apprendre à aimer mon enfant pour ce qu’il est, une personne qui a sa propre individualité. Le plus important est qu’il se sente bien dans son corps et dans son esprit.

Ce dont je suis convaincue depuis son arrivée c’est que mon enfant, les enfants, ne sont pas là pour nous affronter. A tous âges, ils ne sont pas là pour être en opposition avec nous. Il n’existe pas un monde avec les enfants d’un côté et les adultes de l’autre. Durant cette année j’ai compris que si certaines réactions de mon fils me faisaient réagir c’est qu’elles me renvoyaient à quelque chose que j’avais vécu. J’ai fait le lien entre les VEO connues dans le passé et mes angoisses présentes. J’ai découvert que tout se jouait là maintenant pour sa construction et son équilibre. Le maternage m’a permis de développer (beaucoup) mon empathie et cela m’aide énormément au quotidien dans le lâcher prise.

Maman est à la maison ?

« Mais sinon, quand est-ce que tu reprends le boulot ? Parce qu’on nous a demandé on était gênés on ne savait pas quoi répondre ! » #questiondetat

Je vous avoue que je l’attendais un peu celle-là. Dans un premier temps j’ai senti le besoin de me justifier auprès de mon entourage, de devoir rendre des comptes. Durant des semaines je me suis sentie vide intérieurement. J’avais l’impression d’aller contre mon envie profonde, mon instinct, et j’en avais honte. Je n’arrivais pas à me débarrasser de cette pression : « reprend le boulot ! ». J’avais l’impression d’utiliser mon bébé comme excuse : « Il ne s’endort qu’au sein, il a besoin de moi pour la sieste ! », et puis « toutes les nounous sont prises en cours d’année »… Je me justifiais avec des arguments bateaux pour expliquer qu’en fait non je ne voulais pas reprendre le travail que je faisais avant et que je préférais évoluer avec mon enfant et au rythme de notre famille. Je rêvais de m’épanouir dans ce qui me passionne aujourd’hui, le maternage, le portage physiologique et le massage des bébés. Je souhaitais accompagner les futurs et jeunes parents dans ce nouveau rôle avec une expertise spécifique à ces domaines afin de leur donner confiance dans leurs compétences parentales.

Le petit chemin

Et puis un jour j’ai accepté de dire tout haut ce que je chuchotais à mon fils quand nous étions tous les deux. Non je ne devais pas rester avec mon bébé, je le VOULAIS. Plus encore, j’en avais besoin. Je voulais être auprès de lui chaque jour, le voir grandir, apprendre, partager, chuter, se relever et recommencer ensemble. Tous les principes qui nous étouffaient n’étaient pas les nôtres mais ceux d’une société qui ne nous correspondait pas du tout. Nous avons fait taire les « normalités » pour laisser s’exprimer notre instinct de parent.

Au XIXème siècle, élever son enfant, être maman allaitante et travailler à son compte c’est être libre de décider. Je suis libre nourrir et de faire évoluer mon projet familial et professionnel comme je le désir. Élever notre enfant est la meilleure décision que j’ai prise. C’est une belle et instructive expérience qui m’est donné de vivre au présent. Coupler travail, vie de famille et éducation de notre enfant n’est pas toujours facile mais notre choix est une expérience tellement enrichissante. J’en suis même plutôt fière !

Oh je sais que nous se sommes pas les seuls, chaque parent est courageux à sa manière.

Porter mon projet avec vous

De puis le début 2019, je suis monitrice de portage physiologique des bébés et je serai tout bientôt habilitée à vous transmettre la communication non verbale parent-bébé au travers du toucher bienveillant et du massage de votre bébé. J’ai hâte de pouvoir vous rencontrer, échanger et transmettre le portage. J’aspire à vous écouter, découvrir vos questions et attentes et de pouvoir ensemble combler vos attentes.

Je suis monitrice de portage diplômée et pour autant ce sont nos échanges et nos rencontres qui m’apprendront davantage. Je n’ai pas la prétention de vous assommer du nouage parfait digne du Rubik’s cube qui se sera volatilisé de votre esprit dès la fin de l’atelier. Non non. Je n’ai pas non plus l’intention de vous faire croire que je sais mieux que vous comment porter votre bébé. Je suis là pour vous porter vous, futurs et jeunes parents dans la découverte du portage physiologique. Et si par bonheur j’arrive à vous transmettre un souffle de ma passion, à semer en vous la petite graine du portage et de ses nombreux bienfaits, alors je vous porterai à nouveau pour que nous puissions arroser ensemble et en confiance cette petite pousse 🌱. Voilà comment j’imagine nos rencontres et nos ateliers portés.

Le portage est un apprentissage continu

Par passion et dans un objectif d’amélioration continue, je suis régulièrement en formation continue afin de vous transmettre le meilleur. Je peux ainsi mettre à jour mes connaissances, découvrir de nouvelles techniques et échanger avec mes collègues monitrices.

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